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"Villa9trois"
"Le Gaillard" a été vendu à deux jeunes restaurateurs séduits par son parc et sa demeure. Changement de style, mais toujours l'amour du bon gôut. A l'heure de la cuisine inventive, c'est une table séquano- dionysienne à suivre.
Ils sont deux amis, pas que des associés. Stéphane Reynaud et Nicolas Bessière ont animé un restaurant à Paris pendant neuf ans. Ces ex-provinciaux ne connaissaient de notre département que les deux chiffres d'où l'appellation un peu codée de leur nouvelle villa des saveurs. "Nous voulions nous évader à la campagne, prendre le vert...". Après un tour de France infructueux, ils ont découvert ce petit coin de paradis, sur la colline de La Noue, avec à la clef une adresse gastrono-mique déjà bien estampillée. Gros investissement, gros travaux d'aménagement, même leurs familles mettent la main à la pâte. Le décor à la Chabrol s'est mué en un style très contemporain, des couleurs au mobilier en
passant par l'éclairage. Les salles sont astucieusement modulables selon le nombre de convives (jusqu' quatre-vingts couverts servis). La terrasse est redessinée, tout en offrant un joli accès aux gourmands en fauteuil roulant. Le chef cuisinier, Stéphane, se présente d'abord comme un fervent dégustateur de bonne cuisine. "J'aime les mélanges de saveurs, et je suis très ouvert en matière de goût : j'aime piocher des idées et les assembler." Pas de stock, pas de surgelés : que du frais et, selon la saison, venant de Rungis, et des petits fournisseurs de qualité, comme un boucher en Ardèche. Le menu unique mais de grande dégustation est à 40€. une carte généreuse en choix (cent vingt références de vins) et en
recettes originales. Une entrée, un plat et un dessert sont dans une fourchette moyenne de 30 à 35€. On y découvrira des cuisses de pigeon confites en croûte de citron, un dos de cabillaud avec petits légumes en sauce vierge de citronnelle, de grosses gambas rôties et un risotto à la crème de crustacés... Un carré d'agneau rôti au thym-citron (l'aromate vient du jardin). Ici, on est pour l'heureux mélange des genres et pas que dans l'assiette simple et blanche : "On aime créer la convivialité , on y reçoit tout ce que l'on donne, dit Nicolas, il nous plait de rencontrer des gens différents et qui se côtoient, c'est un enrichissement". Une volonté de partage déjà bien montreuilloise


Carole Gauthier